Srila Prabhupada, pur représentant de Sukadeva Goswami nous enseigne.
Le grand saint Sukadeva Goswami enseigne l'empereur Maharaja Pariksit.
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om namo bhagavate vasudevàya

janmàdy asya yato 'nvayàd itaratas carthesv abhijnah svarat

tene brahma hridi ya adi-kavaye muhyanti yat sùrayah

tejo-vari-mridàm, yatha vinimayo yatra tri-sargo 'mrisa

dhamnà svena sada nirasta-kuhakam satyarh param' dhimahi

TRADUCTION

     Je rends mon hommage à Sri Krishna, au fils de Vasudeva, qui est Dieu, l'omniprésente Personne Suprême. Je médite sur Lui, réalité sublime, cause première de toutes les causes, et de qui émanent les univers manifestés, en qui ils reposent, par qui ils sont anéantis. Je médite sur Lui, Seigneur au rayonnement éternel, qui a directement et aussi indirectement conscience de toute manifestation, et pourtant Se situe au-delà de toutes. C'est Lui, et nul autre, qui à l'origine enseigna le savoir védique au premier être créé, Brahma, en son coeur. Par Lui, ce monde, qui est un simple mirage, prend apparence tangible, même pour les grands sages et les devas. Par Lui, les univers matériels, produits illusoires des trois gunas, semblent l'image même de la réalité. Sur Lui donc je médite, sur Lui qui est la Vérité Absolue, vivant éternellement en Son royaume spirituel, à jamais libre de l'illusion.

Teneur et portée par Sa Divine Grâce Srila Prabhupada

  Cet hommage à Dieu, à Vasudeva, s'adresse directement à Sri Krishna, qui est le fils divin de Vasudeva et Devaki; Krishna est Dieu, c'est ce que confirmera de façon élaborée l'ensemble de cet ouvrage. Sri Vyasadeva affirme que Krishna est Dieu, la Personne Suprême, dans Sa Forme primor­diale, dont toutes les autres Formes sont soit des émanations plénières directes ou indirectes, soit des émanations de ces émanations. Srila Jiva Gosvami, pour sa part, développe davantage la question dans son Krishna-sandarbha, et Brahma, le premier être créé, étudie substantiellement Sri Krishna dans son traité, la Brahma-samhita. La Sama-veda Upanisad également établit que Sri Krishna est le divin fils de Devaki. La prière que constitue notre verset s'ouvre donc sur l'affirmation de Sri Krishna comme le Seigneur primordial; si quelque nomination doit s'attacher à la Personne Suprême et Absolue, ce doit être par le Nom de Krishna, qui veut dire "l'infiniment fascinant". En plusieurs endroits de la Bhagavad-gità, d'autre part, Krishna affirme Lui-même être le Seigneur Suprême, ce qui est confirmé par Ariuna, ainsi que de nombreux grands sages, tels Narada, Vyasa et bien d’autres. Le padma purana enseigne encore que parmi les innombrables Noms deDieu, celui de Krishna prédomine. Ainsi, bien que le Nom de « Vasudeva » désigne également une émanation  plénière de Dieu et que toutes les Formes du Seigneur soient non différentes de Vasudeva, il s'applique plus précisément, dans le verset qui nous occupe, au divin fils de Vasudeva et Devaki, Sri Krishna, sur qui méditent constamment les paramahamsas, les plus parfaits d'entre ceux qui ont embrassé l'ordre du renoncement.

 

Vasudeva, donc, ou Sri Krishna, est la cause de toutes les causes. Tout ce qui est émane de Lui. Comment? C'est ce qu'expliqueront des chapi­tres ultérieurs du Srimad-Bhagavatam. Mahaprabhu Sri Caitanya a défini cet ouvrage comme le Purana immaculé; il renferme en effet le récit sublime de ce qui touche au Seigneur Suprême, Sri Krishna. Le Srimad-Bhàgavatam est également remarquable pour son histoire glorieuse. C'est Srila Vyasa­deva qui, après avoir atteint la pleine maturité en matière de savoir spirituel, réunit les éléments de cette oeuvre magistrale, sous les instructions de Sri Naradaji, son maître spirituel. Vyàsadeva avait auparavant rassemblé par écrit tous les autres Textes védiques —les quatres Vedas, les Vedanta-sutras, ou Brahma-sutras, les Puranas, le Mahabharata... Cependant, il n'était toujours pas satisfait de son travail, et Narada, son maître spirituel, l'avait remarqué; c'est alors qu'il lui conseilla de décrire les Activités spirituelles et absolues du Seigneur Suprême dans Sa Forme originelle de Sri Krishna, tâche qui aboutit dans le dixième Chant de cet ouvrage. Mais pour en tirer la substance profonde, il faut d'abord procéder à une étude graduelle des catégories de cette substance, ce qui explique les Chants qui précèdent le dixième.

     

    Il est naturel pour un esprit philosophique de chercher à connaître l'ori­gine de la création. La nuit, sous les étoiles, il imagine aussitôt quels êtres pourraient y habiter. De telles interrogations sont le propre de l'homme, parce qu'il possède un degré de conscience plus élevé que les animaux. Or, l'auteur du Srimad-Bhagavatam répond directement, dans ces pages, à toutes ces questions: d'abord, Sri Krishna Se trouve être l'origine de l'entière création, et non seulement Il est le créateur de l'univers, mais Il en est aussi le des­tructeur. De par Sa volonté, la manifestation cosmique est créée à un moment précis, maintenue pendant un certain temps, puis annihilée. La volonté suprême se trouve donc à l'arrière-plan de tous les événements cos­miques. Bien entendu, des athées de tout genre nient l'existence d'un créa­teur, mais cette attitude traduit en réalité la faiblesse de leurs connaissances. Les scientifiques d'aujourd'hui, par exemple, ont pu, par leur intelligence, créer des satellites et les projeter dans l'espace où ils évoluent pendant un certain temps sous leur contrôle, exercé à très grande distance. Et bien de même, tous les univers, avec leurs innombrables planètes et étoiles, évoluent sous le contrôle de l’intelligence du Seigneur Suprême.

     Les Ecritures védiques nous enseignent que la Vérité Absolue, l’Etre Divin, est  Suprême parmi tous les êtres. De Brahma, premier être créé, à la plus minuscule fourmi, tous les êtres vivants sont distincts les uns des autres;  certains même, supérieurs à Brahma, n'en possèdent pas moins eux aussi une individualité propre. Or, l'Etre Divin est aussi un être vivant, et comme tous les autres êtres, Il possède une identité individuelle, mais Son Intelligence à Lui est suprême, et Il possède une infinie variété d'énergies et de puissances entièrement inconcevables. Or, si le cerveau humain peut créer une chose aussi merveilleuse qu'un satellite artificiel, il est certes aisé de comprendre qu'un cerveau supérieur, et que dire du cerveau suprême, soit capable de merveilles infiniment plus grandes encore. Tout être de bon sens se rendra aisément à l'évidence, ce qui n'empêche pas qu'il y aura toujours des athées pour obstinément refuser de voir cette évidence. Srila Vyasadeva, quant à lui, reconnaît sans hésitation l'intelligence suprême pour le paramesvara. Il formule donc son respect envers cette intelligence suprême, qu'il désigne par le mot para, indiquant par là même qu'il s'agit du paramesvara, ou Dieu, la Personne Suprême. Lequel est Sri Krishna, comme le confirment la Bhagavad­-gita, et les autres ouvrages dus à Sri Vyasadeva, et plus particulièrement le Srimad-Bhagavatam. Dans la Bhagavad-gita, Krishna affirme qu'il n'est d'autre para-tattva, ou summum bonum, que Sa propre Personne. C'est pourquoi Sri Vyasadeva porte immédiatement son adoration vers Lui, l'unique para-tattva, dont le dixième Chant de cet ouvrage décrira en détail les Divertissements sublimes.

    

    Des esprits sans scrupule négligent les premiers Chants et passent d'emblée au dixième, plus particulièrement aux cinq chapitres décrivant la danse rasa. Mais l'approche de cette partie du Srimad-Bhagavatam, en fait la plus "confidentielle" de tout l'ouvrage, demande qu'on soit un être parfaite­ment accompli dans la connaissance absolue du Seigneur, à défaut de quoi on est assuré de s'égarer quant à la nature des vénérables Divertissements spirituels et absolus de Krishna que sont la danse rasa et Ses amours avec les gopis. Ces sujets doivent être contemplés d'un point de vue hautement spirituel, et seuls des êtres libérés, qui ont graduellement atteint le niveau des paramahamsas (les plus parfaits sannyasis), peuvent en goûter le nectar sublime. Pour cette raison, Srila Vyasadeva donne au lecteur la possibilité de développer pas à pas la réalisation spirituelle avant de véritablement goûter l'essence des Divertissements du Seigneur. C'est également à cette fin qu'il invoque un élément du mantra Gàyatri: dhimahi (je médite). Ce mantra est destiné aux êtres spirituellement évolués. Il faut donc acquérir les qualités brahmaniques, c'est-à-dire s'établir parfaitement dans la vertu, pour tirer plein parti du chant de la Gàyatri et finalement parvenir à percer la nature spirituelle et absolue du Seigneur, à la réalisation sublime de Sa Personne, de Son Nom, de Sa Renommée, de tout ce qui les entoure.

     Le Srimad-Bhagavatam constitue l’étude du svarupa du Seigneur Suprême manifesté à travers Sa puissance interne, qui se distingue de Sa puissance externe, celle-ci faisant apparaître l’univers matériel dont nous avons l’expérience. Srila Vyasadeva établit une distinction très nette entre les deux puissances dans ce sloka lorsqu'il dit que la manifestation de la puissance interne est bien réelle alors que la manifestation de l'énergie externe, sous la forme de l'existence matérielle, n'est qu'illusoire et temporaire, comme un mirage. Le mirage ne donne pas l'eau réelle, mais seulement l'apparence de l'eau. L'eau véritable se trouve ailleurs. De la même manière, la création matérielle manifestée se présente à nous comme la réalité absolue, mais elle n'est en fait que l'ombre de cette réalité, laquelle se trouve dans le monde spirituel. La Vérité Absolue appartient au monde spirituel, et non pas à l'univers matériel, où toute vérité n'est que relative, c'est-à-dire dépendante de facteurs exté­rieurs à elle. Cette création cosmique de l'univers matériel résulte de l'inter­action des trois gunas ou influences matérielles, et les manifestations tempo­raires qu'on y trouve sont créées de manière à offrir une illusion de réel pour le mental égaré, propre à l'âme conditionnée, laquelle apparaît dans diffé­rentes formes de vie, y compris chez les êtres plus évolués que représentent les devas, tels Brahmâ, Indra, Candra... Au vrai, il n'est point de réalité dans l'univers de la manifestation, et s'il semble tout de même réel, cela s'explique par l'existence d'une réalité tangible, ailleurs, dans le monde spirituel, où le Seigneur Suprême vit éternellement avec tout Son Entourage.

L'ingénieur en chef d'une construction élaborée ne met pas directement la main aux travaux, mais il n'en connaît pas moins tous les détails de la construction, directement et indirectement, car tout s'accomplit sous sa direction. De même, le Seigneur Suprême, "ingénieur en chef" de la création matérielle, en connaît les moindres détails, bien que tout s'y accomplisse par l'intermédiaire des devas. Qu'il s'agisse de la plus insignifiante des fourmis ou de Brahma, le plus grand des êtres, nul n'est indépendant au coeur de la création matérielle. Partout le Seigneur étend Sa main, et partout Son action est visible. De Lui seul émanent tous les éléments matériels aussi bien que les étincelles spirituelles, et tout ce qui existe en ce monde n'est dû qu'à l'inter­action de ces deux énergies, matérielle et spirituelle, dont la source est la Vérité Absolue, la Personne Suprême, Dieu, Sri Krishna. Un chimiste peut arriver à produire de l'eau dans son laboratoire en mélangeant de l'hydrogène et de l'oxygène, mais il agit en fait sous la direction du Seigneur Suprême, sans compter que les éléments qu'il manipule lui sont également fournis par le Seigneur. Sri Krishna connaît tout directement aussi bien qu'indirectement, Il connaît toutes choses dans leurs plus infimes détails et Il est toujours parfaitement indépendant. On Le compare à une mine d’or, et les diverses créations matérielles, dans leurs formes innombrables, à des objets fabriqués à partir de cet or. L’or de divers objets: anneaux, colliers, parures diverses, partage les mêmes propriétés que l’or de la mine, ne fait qu’un avec avec lui sur le plan qualitatif, mais en diffère par la quantité. C’est pourquoi on affirme de la Vérité Absolue qu’Elle diffère par la quantité. C’est pourquoi on affirme de la Vérité Absolue qu’Elle est simultanément différente et non différente de tout ce qui est. Rien n’est absolument égal à la Vérité Absolue, mais dans le même temps, rien n’en demeure séparé.


Les âmes conditionnées, depuis Brahma, qui dirige la création de tout cet univers, jusqu'à la fourmi insignifiante, sont engagées sans exception dans l'acte créateur, mais aucune n'est indépendante du Seigneur Suprême. Le matérialiste croit faussement qu'il n'est d'autre créateur que lui-même. C'est ce qu'on appelle maya, ou l'illusion. En raison de son faible savoir, il ne peut regarder au-delà de ses sens imparfaits, et il en vient ainsi à croire que la matière se forme d'elle-même, sans l'aide d'une intelligence supérieure. Mais Srila Vyasadeva réfute cet argument dans ce sloka en disant que puisque le Tout complet, ou la Vérité Absolue, est source de tout ce qui existe, rien n'est indépendant du corps de la Vérité Absolue. Tout ce qui survient à notre corps nous est très vite connu; de même, l'Absolu a directement et indirec­tement connaissance de tout ce qui se produit à l'intérieur de la création, laquelle représente Son corps.

Le sruti-mantra affirme également que le Tout absolu, ou le Brahman Suprême, est la source ultime de tout ce qui est. Tout émane de Lui, tout est soutenu par Lui, et à la fin, tout rentre en Lui. Telle est la loi de la nature. Et le smriti-mantra ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme que la source d'où tout émane au début d'un âge de Brahma et à quoi tout retourne à la fin, c'est la Vérité Absolue, le Brahman Suprême. Les scientifiques dénués de savoir spirituel prennent pour un fait acquis que la source ultime de notre système planétaire tout entier est le soleil, mais ils renoncent à expliquer l'origine du soleil. Ce verset dévoile la source ultime de toutes choses. Selon les Ecritures védiques, Brahma , que l'on peut comparer au soleil, n'est pas le créateur originel. Ce sloka établit clairement que Brahma reçut le savoir védique du Seigneur Suprême. Comment Brahma, étant le premier être, aurait-il pu être instruit de la sorte, sinon par un être qui lui est antérieur, l'Incréé, le Seigneur Suprême? Comme l'enseigne notre verset, le Seigneur inspira Brahma, afin que ce dernier puisse remplir ses fonctions de second créateur. Ainsi, l'intelligence suprême à l'arrière-plan de toutes choses créées est bien la Personne Divine et Absolue, Sri Krishna. Dans la Bhagavad-gita, Krishna Lui-même affirme être seul à diriger l'énergie matérielle créatrice, la Prakriti, qui constitue la totalité de la matière. C'est la raison pour laquelle Sri Vyasadeva ne porte pas son adoration vers Brahma, mais bien vers le Seigneur Suprême, qui guide les activités créatrices de Brahma.

  Dans ce sloka, les mots abhijñah et sva-rat ont une importance parti­culière en ce qu'ils marquent la différence entre le Seigneur Suprême et tous les autres êtres. Nul être, en effet, hormis le Seigneur, n'est abhijñah –parfaitement conscient de tout—, ni sva-rat— parfaitement indépendant. Même Brahma doit méditer sur le Seigneur Suprême s'il veut mettre en œuvre son pouvoir créateur. Et que dire du cerveau des grands scientifiques, comme Einstein? Sont-ils des créations humaines? Non. Aucun homme de science ne saurait produire l’intelligence des savants. Que dire encore des athées irréfléchis qui méprisent l’autorité du Seigneur? Même les mayavadis, les impersonalistes, lesquels se flattent de parvenir à s’identifier avec l’Absolu, et ne plus faire qu’un avec Lui, ne sont ni abhijñah, ni sva-rat. Les impersonnalistes se soumettent à de rudes ascèses pour acquérir le savoir et se fondre dans l'Absolu, mais le plus souvent, ils finissent par dépendre de quelque riche disciple qui leur fournit les fonds nécessaires à la construction de temples et de monastères. Des champions de l'athéisme comme Ravana et Hiranyakasipu se soumirent également à de dures pénitences, en vue d'acquérir le pouvoir de défier l'autorité du Seigneur. Mais bien qu'ils aient obtenu certains pouvoirs, ils furent en dernier lieu réduits à l'impuissance et ne purent rien devant le Seigneur lorsqu'Il leur apparut sous la forme de la mort cruelle. Et tel est également le sort des athées modernes qui osent défier l'autorité du Seigneur, car l'histoire se répète. Que l'homme néglige l'autorité du Seigneur, la nature et ses lois se transforment alors en agents punitifs. Ce que confirme un verset fameux de la Bhagavad-gila:

"Chaque fois qu'en quelque endroit de l'univers la spiritualité [dharma] voit un déclin, et que s'élève l'irréligion [adharma], ô descendant de Bharata, Je descends en personne." (IV.1)

Tous les sruti-mantras confirment l'infinie perfection du Seigneur Suprême. Ils nous apprennent que le Seigneur, perfection totale, jette un regard sur la matière et l'imprègne ainsi d'êtres vivants. Les êtres vivants sont partie intégrante de Sa personne. Ils sont des étincelles spirituelles dont II ensemence la vaste création matérielle; c'est alors que les énergies créatrices se mettent en mouvement pour engendrer tant de merveilles. L'athéisme prétend volontiers que dans ces conditions, Dieu ne serait pas autre chose qu'un "mécanicien". Mais a-t-on déjà vu un "mécanicien" créer des mécanismes mâles et femelles, doués du pouvoir de se reproduire? Les êtres mâles et femelles des différen­tes espèces engendrent d'innombrables autres corps, appartenant à la même espèce, sans que Dieu ait à les diriger davantage. Si l'homme savait créer un couple de machines capables de produire d'autres machines indépen­damment de son intervention immédiate, alors on pourrait dire que son intelligence approche celle de Dieu. Mais c'est là chose irréalisable: toutes les machines sont créées par l'homme une à une. Nul n'atteint donc la perfection créatrice de Dieu. C'est pourquoi on Le qualifie d'asamaurdhva, mot signifiant que nul ne Lui est supérieur ou même égal. Le param satyam, ou la Vérité Suprême, ne peut être que Celui-là, qui ne connaît ni de supérieur, ni même d'égal. Ce que confirment les sruti-mantras lorsqu'ils enseignent qu'avant la création de l'univers matériel, le Seigneur seul existe, qui est le maître absolu. Et c'est Lui qui instruit Brahma dans le savoir védique. Tous doivent Lui obéir sans réserve, et quiconque aspire à briser l'escla­vage de la matière doit s'abandonner à Lui. Ce que confirme également la Bhagavad-gita.

 

L'homme, à moins qu'il ne s'abandonne aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur Suprême, est assuré de choir dans la confusion et l'égarement. Ce n'est que lorsqu'un être a l'intelligence de s'abandonner aux pieds pareils-au­-lotus de Krishna, qu'il reconnaît en pleine conscience que Krishna est la cause de toutes les causes, comme l'enseigne la Bhagavad-gita, c'est seulement alors qu'il peut devenir un mahatma, une "grande âme". De telles âmes sont très rares. Seules elles peuvent en fait comprendre que le Seigneur Suprême est la cause première de tout ce qui existe, qu'Il est le parama, la Vérité ultime, toute autre vérité Lui étant relative, et qu'Il est omniscient, libre de l'illusion.

 

Il se trouve des intellectuels mayavadis pour prétendre que le Srimad­-Bhagavatam n'est pas l'œuvre de Sri Vyasadeva. Certains parmi eux suggèrent même qu'il s'agirait d'une création moderne due à un certain Vopadeva. La réfutation de ces croyances sans motif nous a été donnée par Sri Sridhara Svami, lorsqu'il fait remarquer que plusieurs des plus anciens Puranas font allusion au Srimad-Bhagavatam. Dans ce premier sloka, par exemple, au tout début du Srimad-Bhagavatam, on retrouve le mantra Gayatri, et le Matsya Purana, le plus ancien de tous les Puranas, mentionne précisément cette invocation de la Gayatri au début du Srimad-Bhagavatam pour illustrer le fait que plusieurs écrits à valeur d'enseignement spirituel commencent par ce mantra. Quant à l'importance du Srimad-Bhagavatam, de nombreux faits l'établissent de manière indiscutable. Par exemple, l'histoire de Vritrasura, qui montre comment on peut retourner auprès de Dieu et ainsi atteindre à la perfection de l'existence pour le simple mérite d'avoir fait don de ce précieux ouvrage lors d'un jour de pleine lune. D'autres Puranas mettent en valeur les dimensions de cette oeuvre majestueuse, composée de douze Chants, et comportant au total 18 000 slokas. Le Padma Purana rapporte également une conversation entre le sage Gautama et Ambarisa Maharaja, conversation au cours de laquelle le roi se voit conseillé par le sage de lire régulièrement le Srimad-Bhagavatam s'il désire s'affranchir des chaînes de la matière. A tout prendre, il ne saurait donc subsister aucun doute quant à la valeur et à l'authenticité de cet Ecrit. Par ailleurs, au cours des cinq cents dernières années, nombre de savants érudits et acaryas, tels Jiva Gosvamî, Sanatana Gosvami, Visvanàtha Cakravarti, Vallabhàcàrya et plusieurs autres sages apparus après Sri Caitanya, rédigèrent des commentaires élaborés de cette oeuvre magistrale, et tout étudiant sérieux ferait bien de les parcourir s'il veut goûter pleinement le message sublime du Srimad-Bhagavatam.

    

    Srila Visvanatha Cakravarti Thàkura a surtout traité de la psychologie sexuelle dans sa forme pure (adi-rasa), libre de toute ivresse matérielle. La création matérielle tout entière est mue par le principe du plaisir charnel, et il est aisé de voir que dans la société moderne, toutes les activités ont pour moteur ce principe. Où que l'on se tourne, on voit partout la même prédominance de l'érotisme. Mais la volupté matérielle n'est qu'un reflet dénaturé du principe de plaisir dans sa forme pure, originelle, et qui trouve sa pleine réalité dans le monde spirituel, dans la Vérité Absolue. Cela nous est d'ailleurs une occasion supplémentaire de comprendre que la Vérité Absolue ne saurait être impersonnelle. Sinon, comment pourrait-Elle être le siège d'une sexualité, mais d'une sexualité pure? Par suite, en mettant trop l'accent sur l'aspect impersonnel de la Vérité Absolue, les philosophes impersonnalistes ont indirectement encouragé l'abominable sexualité maté­rielle. Et les hommes, ignorants de la sexualité dans sa forme pure, spirituelle, s'abandonnent aux activités perverties de la sexualité matérielle, qu'ils voient comme seules réelles. Mais une différence fondamentale existera toujours entre la volupté spirituelle et la vie sexuelle issue des conditions malsaines du monde de la matière.


Le Srimad-Bhagavatam élèvera graduellement le lecteur sincère, libre de tout préjugé, jusqu'à la plus haute perfection spirituelle, et lui permettra de transcender les trois modes de l'action matérielle, qui sont l'action intéressée, la recherche philosophique et le culte fonctionnel de divinités tel que l'ensei­gnent les Vedas.



Srimad-Bhagavatam/1/1/1/  Questions posées par les sages

dàna-dharman raja-dharman

moksa-dharman vibhagasah

stri-dharman bhagavad-dharman

samàsa-vyasa-yogatah


TRADUCTION

Il définit ensuite, en les distinguant avec soin, les actes de charité, l'acti­vité pragmatique des rois et les actions menant au salut. Brièvement, puis en détail, il explicite également les devoirs de la femme, et aussi les devoirs des bhaktas.

Teneur et portée par Sa Divine Grâce Srila Prabhupada.

    Les actes de charité forment l'un des principaux devoirs du chef de famille, lequel doit être prêt à distribuer ainsi au moins la moitié de ses reve­nus, si durement qu'ils aient été acquis. Un brahmacari —étudiant— doit accomplir des sacrifices, un chef de famille faire la charité, un vanaprastha ou un sannyasi pratiquer l'austérité. Tels sont les devoirs généraux  liés aux divers asramas, étapes progressives sur le chemin de la réalisation spirituelle. Le brahmacari reçoit la formation nécessaire pour comprendre que l'univers où nous vivons est la propriété du Seigneur Suprême, et que nul, par suite, ne peut s'y estimer possesseur de quoi que ce soit. Voilà pourquoi celui qui embrasse la vie de famille, laquelle ouvre plus ou moins la voie des plaisirs charnels et de leurs corollaires, doit utiliser en des actes charitables destinés au service du Seigneur les richesses qu'il acquiert. Chaque être tire, ou emprunte, son énergie personnelle d'une source unique, le Seigneur; les fruits gagnés en utilisant cette énergie doivent donc être remis au Seigneur, sous forme de service de dévotion. De même que les rivières puisent leurs eaux dans l'océan, grâce aux nuages, et les déversent ensuite dans ce même océan, notre énergie propre, empruntée à la source suprême, c'est-à-dire à l'énergie du Seigneur, doit retourner au Seigneur. Ainsi trouvera-t-elle son parfait usage. Le Seigneur enseigne donc dans la Bhagavad-gita: "Quoi que tu fasses, que tu manges, que tu sacrifies et prodigues, quelque austérité que tu pratiques, que ce soit pour Me l'offrir, ô fils de Kunti." (B.g., IX.27) Voilà comment utiliser l'énergie que nous Lui empruntons. Car ainsi, elle se trouve purifiée de toute souillure matérielle, et nous nous qualifions dès lors pour retrouver notre existence naturelle, originelle au service du Seigneur.

    

   Le raja-dharma, ou l'activité pragmatique des rois, relève d'une haute science, qui se distingue entièrement des voies et techniques utilisées par nos politiciens modernes dans leur soif de pouvoir. Les rois recevaient une for­mation systématique en vue de devenir munificents, et non de simples collec­teurs d'impôts. Ils apprenaient aussi à jeûner et à accomplir divers sacrifices pour que croisse la prospérité de leurs sujets, et ils avaient la grande responsa­bilité de mener au salut tous les prajas, les habitants du royaume. Un père, un maître spirituel et un roi ne doivent jamais oublier qu'ils ont la responsa­bilité de conduire ceux qui dépendent d'eux vers la libération ultime, vers l'affranchissement de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort. Quand le roi s'acquitte comme il se doit de ses devoirs élémentaires, nul n'éprouve le besoin d'un gouvernement populaire, exercé par le peuple au sein du peuple. Mais de nos jours, les dirigeants obtiennent le plus sou­vent leur poste à force de publicité ou au bout d'élections truquées, sans qu'ils se soucient jamais d'apprendre à s'acquitter des devoirs fondamentaux d'un roi, chose qui n'est d'ailleurs pas à la portée de tous. Ainsi, nos diri­geants incompétents mettent tout sens dessus dessous sous prétexte de satis­faire les moindres désirs de leurs citoyens, mais dans le même temps, ils glis­sent vers la malhonnêteté, voire l'escroquerie, augmentant sans cesse les taxes pour financer une administration mal équilibrée et d'ailleurs totalement vaine. Pour bien faire, le roi doit prendre conseil auprès de brahmanas quali­fiés, lesquels, s'appuyant sur les enseignements d'Ecrits tels la Manu-samhità et les Dharma-sastras de Parasara, doivent à leur tour le guider convenable­ment dans l'exercice de son administration.     

   D'ordinaire, la masse des hom­mes considèrent le roi comme un modèle à suivre, de sorte que si le roi est pieux, vertueux, vaillant et munificent, ses sujets, pour la plupart, s'efforcent de l'être aussi. Un tel roi est tout l'opposé d'un sensuel paresseux  vivant aux crochets de ses sujets; au contraire, il reste toujours sur le qui-vive, et prêt à exécuter voleurs et brigands, à quelle fin il doit s'entraîner en affrontant dans la forêt divers animaux sauvages. Dans les temps védiques, le roi ne montrait jamais de pitié pour de tels malfaiteurs, et jamais ne leur épargnait la vie en invoquant les principes de la non-violence (ahimsa), absurdes et injustifiés dans un tel cas. Brigands et voleurs recevaient un châtiment exemplaire, de sorte que par la suite nul n'ose s'aventurer à commettre les mêmes méfaits. Et bien entendu, jamais de tels malfaiteurs n'auraient occupé des postes administratifs comme on le voit aujourd'hui.

Les lois fiscales étaient fort simples. Nulle contrainte, nul abus. Le sou­verain avait le droit de prélever un quart des biens produits par ses sujets, un quart également de leurs biens acquis, par voie de charité ou autre, quel que soit l'usage auquel ils les destinaient. Prélèvement que nul ne considérait comme une perte, car grâce à la sainteté de la personne royale et à l'harmonie spirituelle régnant dans le royaume, les richesses naturelles abondaient céréales, fruits, fleurs, soie, coton, lait, pierres précieuses, minéraux...de sorte que nul ne manquait de rien. Tous riches en produits agricoles et d'élevage, lesquels représentent la véritable abondance, les hommes d'alors ignoraient les besoins artificiels de l'homme moderne: savonnettes et lavabos, cinémas et cafés.


Le roi avait charge de veiller à ce que toutes les énergies humaines de son royaume soient convenablement utilisées. L'homme ne doit pas dépenser son énergie pour assouvir ses seuls penchants animaux, mais surtout pour recher­cher la réalisation spirituelle, et dans la civilisation védique, le système de gouvernement était tout entier conçu de manière à servir ce dessein. Aussi le roi devait-il choisir avec soin ses ministres, ce qui excluait que ce choix repose sur un vote. Ministres, chefs militaires, ou même simples soldats, étaient tous choisis en fonction de leurs qualités personnelles, et le roi devait lui-même s'assurer de leur compétence avant qu'ils n'occupent officiellement leur fonction respective. De plus, fort de savoir que le Seigneur ne tolère jamais la moindre insulte faite à Ses purs dévots, le roi veillait tout particuliè­rement à ce que les tapasvis, ceux qui ont sacrifié tout confort personnel pour répandre le savoir spirituel, ne soient jamais ignorés et en rien négligés. Même les brigands et les voleurs respectaient les tapasvis, et ne désobéissaient jamais à leurs ordres. Le roi accordait également une protection spéciale aux  illet­trés, aux nécessiteux et aux veuves. Les mesures nécessaires à la défense armée étaient toujours prises avant qu'un ennemi ne passe à l'attaque, et non pas au dernier instant, ou en passant de porte à porte, engageant tout homme valide; on recrutait soigneusement les soldats dans toutes les parties du monde, et chacun recevait une formation précise, pour une fonction déterminée.

 

    Le salut: pour l'atteindre, on doit d'abord vaincre les forces de la concu­piscence, de la colère, des désirs illicites, de l'avarice, de l'égarement, etc. S'affranchir de la colère demande que l'on apprenne à pardonner. Quant aux désirs illicites, sachons qu'il ne sert à rien de dresser toutes sortes de plans pour s'en défaire; la tolérance seule peut en triompher, ainsi que de l'avarice et des désirs matériels en général. Le sommeil est vaincu par le développe­ment du savoir spirituel. Les troubles pathologiques liés aux diverses mala­dies peuvent être enrayés par des diètes judicieuses. On se libère des aspira­tions illusoires par la maîtrise de soi. On épargne ses richesses en évitant toute compagnie indésirable. La faim se maîtrise par la pratique du yoga, et l'attachement aux choses de ce monde disparaît lorsque se développe la cons­cience de leur nature éphémère. C'est en s'élevant qu'on domine le vertige. Les faux arguments se voient réduits en poudre par les assertions fondées. Le bavardage s'éteint devant la gravité et le silence, comme la crainte devant la vaillance. Le savoir parfait s'obtient par la recherche du vrai moi. Pour s'établir, donc, en la voie du salut, il faut s'affranchir de la concupiscence, de l'avarice, de la colère, du rêve, ou de l'illusion, etc.


En ce qui concerne la femme, elle représente une source d'inspiration pour l'homme. Vue sous cet angle, elle est plus puissante que lui. N'avons-nous pas l'exemple du grand Jules César dominé par Cléopâtre, et de tant d'autres ! On peut cependant maîtriser cette puissance en enseignant la pudeur, la réserve, à ses détentrices. Il est d'ailleurs essentiel que la femme cultive en elle cette retenue, car tout relâchement, comme d'une "valve de sécurité", crée de grands désordres dans le corps social en y apportant l'adul­tère; l'adultère, en effet, entraîne l'engendrement d'êtres non désirés, ou varna-sarmkara, lesquels plongent le monde dans une atmosphère de chaos, le rendant par là inhabitable pour les esprits sains.


   La dernière mentionnée, parmi les voies qu'analyse Bhismadeva, est celle par quoi l'on peut plaire au Seigneur. Tous, nous sommes Ses serviteurs éter­nels, et c'est pour avoir oublié cet élément fondamental de notre nature que nous nous voyons assujettis aux conditions de l'existence matérielle. Il est cependant facile d'agir pour la satisfaction du Seigneur, puisqu'il suffit d'ins­taller dans sa maison et de servir pleinement Sa Forme arca. On continue alors ses occupations quotidiennes, mais en se concentrant sur la murti. Ado­rer chez soi la murti, servir les bhaktas, écouter le Srimad-Bhagavatam, habi­ter un lieu saint et chanter les Saints Noms du Seigneur, voilà toutes sortes d'activités bien peu onéreuses par quoi l'on peut plaire au Seigneur. Ainsi l'aïeul Bhismadeva a-t-il développé ces questions devant ses petits-enfants.

Srimad-Bhagavatam/1/9/27/  Bhismadeva quitte ce monde.

A cet instant, celui qui a traité mille sujets de portées innombrables, livré mille batailles, protégé des milliers d'hommes, se tait. Parfaitement libre de toute contrainte, il fixe son regard, les yeux grands ouverts et le mental déta­ché de tout autre objet, sur le Seigneur Suprême, Sri Krishna, qui Se tient devant lui dans Sa Forme à quatre bras et vêtu de robes jaunes, chatoyantes et flamboyantes.

Teneur et portée par Sa Divine Grâce Srila Prabhupada

A l'instant critique de quitter le corps matériel, l'intérêt majeur d'un homme est de suivre le glorieux exemple de Bhismadeva, pour ainsi s'acquit­ter pleinement de sa mission humaine. Ce vers quoi l'homme se voit attiré au moment de mourir détermine les conditions initiales de sa vie future. Si, par suite, on s'absorbe dans la pensée du Seigneur Suprême, Sri Krishna, l'on se voit assuré sans le moindre doute, de retourner à Lui, en Son royaume absolu. Ce que corrobore la Bhagavad-gita:

"Quiconque, au trépas, à l'instant même de quitter le corps, se souvient de Moi seul, atteint aussitôt Ma demeure, n'en doute pas.


"Car, certes, ô fils de Kunti, ce sont les pensées, les souvenirs de l'être à l'instant de quitter le corps qui déterminent sa condi­tion future.


"Ainsi, ô Arjuna, en Moi, Krishna, en Ma Forme personnelle, absorbe toujours tes pensées, sans faillir à combattre, comme doit le faire un ksatriya. Me dédiant tes actes, tournant vers Moi ton mental et ton intelligence, sans nul doute tu viendras à Moi.


"Celui qui toujours se souvient de Moi, le Seigneur Suprême, et sur Moi médite, sans s'écarter de la voie, celui-là, ô Partha, sans nul doute vient à Moi.


"Il faut méditer sur le Seigneur Suprême en tant que l'Etre omniscient, le plus ancien, le maître et soutien de tout, qui, plus ténu encore que le plus ténu, est inconcevable, au-delà de l'intelli­gence matérielle, et toujours demeure une personne. Resplendis­sant comme le soleil, Il transcende ce monde de ténèbres.


,,Qui, à l'instant de la mort, fixe entre les sourcils son air vital et, avec la dévotion la plus profonde, s'absorbe dans le souvenir du Seigneur Suprême, ira certes à Lui.


"Les grands sages du renoncement, versés dans les Vedas, et qui prononcent l'omkàra, pénètrent dans le Brahman. Je vais mainte­nant t'instruire dans cette voie de salut, qui requiert la continence.


"Car, le yoga consiste à se détacher de toute activité des sens. C'est en fermant les portes des sens, en gardant le mental fixé sur le coeur et en maintenant l'air vital au sommet de la tête que l'on s'y établit.


"Ainsi établi dans le yoga, et prononçant la syllabe om, suprême alliance de lettres, celui qui, à l'instant de quitter le corps, pense à Moi, Dieu, la Personne Suprême, celui-là, sans nul doute, atteindra les planètes spirituelles.


"Parce que constamment absorbé dans le service de dévotion, celui qui toujours se souvient de Moi, sans écart, M'atteint sans

peine, ô fils de Prithà.


"Quand ils M'ont atteint, les yogis imbus de dévotion, ces nobles âmes, s'étant par là élevées à la plus haute perfection, jamais plus ne reviennent en ce monde transitoire, où règne la souffrance." (B.g., VIII.5-15)


Sri Bhismadeva avait obtenu le pouvoir de choisir le moment où il quitte­rait son corps, sans compter qu'il eut l'heureuse fortune de vivre ses derniers moments sur Terre en présence du Seigneur Suprême, Sri Krishna, l'unique objet de son attention. Il fixa donc, les gardant grands ouverts, ses yeux droit sur le Seigneur, désireux, par amour spontané pour Lui, de Le contem­pler longtemps. Pur bhakta, il se souciait peu des détails liés à la pratique rigide du yoga; il savait que la simple pratique du bhakti-yoga suffit à confé­rer toute perfection. Bhismadeva désirait donc ardemment voir la Personne de Sri Krishna, l'objet d'amour par excellence, et par la grâce du Seigneur, il obtint cette bénédiction au moment de rendre son dernier souffle.

Verset 30